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DILANTIN (capsules de phénytoïne sodique à libération prolongée) Mises En Garde Et Précautions

Mises En Garde Et Précautions

Généralités

L’administration des capsules DILANTIN ne doit pas être interrompue brusquement en raison du risque d’augmentation de la fréquence des crises et de précipitation de l’état de mal épileptique. S’il convient, de l’avis du clinicien, de diminuer la dose, de cesser l’administration du médicament ou de le remplacer par un autre anticonvulsivant, il faut procéder graduellement. Advenant une réaction allergique, il peut s’avérer nécessaire de passer rapidement à un autre médicament. Dans un tel cas, l’anticonvulsivant de rechange ne doit pas appartenir à la classe des hydantoïnes.

Une intoxication aiguë à l’alcool peut faire augmenter la concentration plasmatique de phénytoïne à l’inverse de l’alcoolisme chronique, qui peut la faire diminuer.

La phénytoïne n’est pas indiquée dans le traitement des crises convulsives imputables à l’hypoglycémie ou à d’autres troubles métaboliques. Il est donc nécessaire de préciser le diagnostic à l’aide de méthodes appropriées.

La phénytoïne n’est pas efficace dans les cas d’absence (petit mal). En présence à la fois de crises tonicocloniques (grand mal) et d’absences (petit mal), il faut recourir à un traitement d’association.

On a constaté que la biotransformation du médicament est lente chez un faible pourcentage de personnes traitées par la phénytoïne. Ce phénomène peut découler d’un déficit enzymatique ou de l’absence d’induction enzymatique. Ces deux anomalies seraient d’origine génétique.

Chez les patients souffrant de maladie rénale ou hépatique, ou en présence d’hypoalbuminémie, on observe une augmentation de la concentration plasmatique de phénytoïne libre. Chez les patients atteints d’hyperbilirubinémie, la concentration plasmatique de phénytoïne libre peut également être élevée. Comme les concentrations de phénytoïne libre peuvent être plus utiles dans cette population de patients, elles peuvent influer sur les considérations posologiques (voir POSOLOGIE ET MODE D’ADMINISTRATION, Maladie rénale ou hépatique).

Peau

Réactions cutanées graves

La phénytoïne peut causer de rares réactions indésirables cutanées sévères, comme une pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG), une dermatite exfoliatrice, le syndrome de Stevens‑Johnson, l’épidermolyse nécrosante suraiguë et une toxidermie avec éosinophilie et symptômes généraux, pouvant être mortelles. Bien que les réactions cutanées graves puissent survenir sans symptômes avant-coureurs, les patients doivent être à l’affût d’une éruption cutanée ou d’autres symptômes du syndrome d’hypersensibilité et de toxidermie avec éosinophilie et symptômes généraux.

Syndrome d’hypersensibilité / toxidermie avec éosinophilie et symptômes généraux
Des cas de syndrome d’hypersensibilité ou de toxidermie avec éosinophilie et symptômes généraux sont survenus chez des patients prenant des anticonvulsivants, y compris la phénytoïne. Certaines de ces manifestations ont été mortelles ou ont menacé la vie du patient.

Bien que ce ne soit pas toujours le cas, le syndrome d’hypersensibilité et la toxidermie avec éosinophilie et symptômes généraux se manifestent généralement par de la fièvre, une éruption cutanée et/ou une lymphadénopathie, ainsi que l’atteinte d’un organe ou appareil (p. ex., hépatite, néphrite, anomalie hématologique, myocardite, myosite ou pneumopathie inflammatoire). Les premiers symptômes peuvent évoquer ceux d’une infection virale aiguë. L’arthralgie, la jaunisse, l’hépatomégalie, la leucocytose et l’éosinophilie sont d’autres manifestations courantes. Les symptômes apparaissent généralement 2 à 4 semaines après la prise de la première dose du médicament, mais ce type de réaction a déjà été signalé chez des patients qui prenaient des anticonvulsivants depuis au moins 3 mois. Si de tels symptômes apparaissent, le patient doit faire l’objet d’une évaluation immédiate. À défaut de pouvoir attribuer les symptômes à une autre cause, on doit mettre fin au traitement par la phénytoïne.

Les patients les plus susceptibles de présenter ce type de manifestation sont les patients noirs, ceux qui ont des antécédents familiaux ou qui ont déjà présenté un syndrome d’hypersensibilité ou une toxidermie avec éosinophilie et symptômes généraux (en lien avec l’utilisation de phénytoïne ou d’un autre anticonvulsivant), ainsi que les patients immunodéprimés. Le syndrome est plus sévère chez les personnes déjà sensibilisées.

Syndrome de Stevens-Johnson, pustulose exanthématique aiguë généralisée et épidermolyse nécrosante suraiguë
Des réactions cutanées graves et parfois mortelles (épidermolyse nécrosante suraiguë, pustulose exanthématique aiguë généralisée [PEAG] et syndrome de Stevens-Johnson) reliées à l'utilisation de la phénytoïne ont été signalées. Bien que les réactions cutanées graves puissent survenir sans symptômes avant-coureurs, les patients doivent être à l’affût d’une éruption cutanée ou d’autres symptômes de toxidermie avec éosinophilie et symptômes généraux (voir MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Peau). On estime que dans les pays où la population est surtout de race blanche, ces réactions se produisent chez 1 à 6 nouveaux utilisateurs sur 10 000; toutefois, dans certains pays asiatiques (p. ex., Taïwan, la Malaisie et les Philippines), elles seraient beaucoup plus fréquentes (voir MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Peau – Origine asiatique et variation allélique du gène HLA-B).

Divers articles publiés dans la presse médicale évoquent la possibilité qu’un recours combiné à la phénytoïne, à l’irradiation crânienne et à un sevrage graduel des corticostéroïdes puisse s’associer à l’apparition d’un érythème polymorphe, du syndrome de Stevens-Johnson, d’une épidermolyse nécrosante suraiguë ou de l’ensemble de ces manifestations. Dans de tels cas, la prudence s'impose lors de l’administration de composés de structure semblable (p. ex., barbituriques, dérivés du succinimide, oxazolidine-diones et autres substances apparentées).

Recommandations pour le traitement des réactions cutanées
Il faut interrompre le traitement par la phénytoïne dès l’apparition d’une éruption cutanée, à moins d’être certain qu'elle n’est pas liée à la prise du médicament. S’il s’agit d’une éruption de nature exfoliatrice, purpurique ou bulleuse, ou si l’on se croit en présence d’un lupus érythémateux, du syndrome de Stevens-Johnson ou d’une épidermolyse nécrosante suraiguë, il ne faut pas reprendre l’administration de la phénytoïne, mais plutôt envisager un autre traitement (voir EFFETS INDÉSIRABLES). On peut toutefois reprendre le traitement dès la disparition de l’éruption, pour peu que celle-ci soit bénigne (morbilliforme ou scarlatiniforme). Si l’éruption cutanée réapparaît dès la reprise du traitement, l’emploi de la phénytoïne devient dès lors contre-indiqué. Il faut aussi éviter d’utiliser d’autres anticonvulsivants associés au syndrome de Stevens-Johnson ou à l’épidermolyse nécrosante suraiguë chez les patients qui ont présenté des réactions cutanées sévères durant un traitement par la phénytoïne. Il convient de rechercher des signes et des symptômes de toxidermie avec éosinophilie et symptômes généraux chez tout patient qui présente une éruption cutanée, mais chez qui on ne soupçonne ni un syndrome de Stevens-Johnson ni une épidermolyse nécrosante suraiguë (voir MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Peau).

Origine asiatique et variation allélique du gène HLA-B

HLA-B*1502
Dans les études où l'on avait admis quelques patients d'origine asiatique, on a découvert un lien étroit entre le risque d'apparition du syndrome de Stevens-Johnson ou de l'épidermolyse nécrosante suraiguë et la présence de l'allèle HLA-B*1502, une variante héréditaire du gène HLA-B. L'allèle HLA-B*1502 se retrouve presque exclusivement chez les individus originaires de nombreuses régions d'Asie1. Les résultats de ces études donnent à penser que la présence de l'allèle HLA-B*1502 peut être un des facteurs de risque du syndrome de Stevens-Johnson ou de l'épidermolyse nécrosante suraiguë liés à la phénytoïne chez les patients d'origine asiatique.

Par conséquent, les médecins devraient envisager le dépistage par génotypage de l'allèle HLA-B*1502 chez ces patients et éviter de prescrire de la phénytoïne et d'autres antiépileptiques associés au syndrome de Stevens-Johnson ou à l'épidermolyse nécrosante suraiguë aux patients porteurs de l'allèle HLA-B*1502 tant et aussi longtemps qu'on ne possédera pas plus d'information au sujet de ces réactions.


1
Les chiffres suivants donnent une estimation très approximative de la prévalence de l'allèle HLA-B*1502 dans diverses populations. À Hong Kong, en Thaïlande, en Malaisie et dans certaines régions des Philippines, plus de 15 % de la population serait porteuse de l'allèle HLA-B*1502, alors qu'à Taïwan, le taux serait d'environ 10 % et dans le nord de la Chine, de 4 %. En Asie du Sud, y compris en Inde, la prévalence de l'allèle HLA-B*1502 semble intermédiaire, se situant entre 2 et 4 % en moyenne, mais elle pourrait être plus élevée dans certains groupes. Au Japon et en Corée, l'allèle HLA-B*1502 est présent chez moins de 1 % de la population. Il est en grande partie absent chez les personnes qui ne sont pas d'origine asiatique (p. ex., sujets de race blanche, Afro-Américains, Hispaniques et Autochtones). L'estimation de la prévalence est imparfaite en raison de la grande variabilité des taux au sein des groupes ethniques, de la difficulté de déterminer l'ascendance ethnique et de la probabilité d'ascendance mixte.

Utilité limitée du génotypage de l’allèle HLA-B*1502
Comme outil de dépistage, le génotypage de l’allèle HLA-B*1502 est loin d’être parfait et ne doit jamais se substituer à une prise en charge et à une surveillance adéquates des patients. En effet, de nombreux patients porteurs de l’allèle HLA-B*1502 traités par la phénytoïne ne développent pas de syndrome de Stevens-Johnson ni d’épidermolyse nécrosante suraiguë. De plus, ces réactions peuvent quand même survenir dans n’importe quel groupe ethnique, chez des patients qui ne sont pas porteurs de l’allèle HLA-B*1502. Enfin, on n’a pas étudié le rôle d’autres facteurs pouvant participer à l’apparition du syndrome de Stevens-Johnson ou de l’épidermolyse nécrosante suraiguë et de leurs manifestations morbides (dose de l’anticonvulsivant, observance thérapeutique, prise concomitante d’autres médicaments, maladies concomitantes, degré de suivi dermatologique, etc.).

Il faut par ailleurs se rappeler que la majorité des cas de syndrome de Stevens-Johnson et d’épidermolyse nécrosante suraiguë apparaissent au cours des premiers mois suivant l’instauration du traitement par la phénytoïne. Il faut donc tenir compte de cet élément avant d’envisager de soumettre à un dépistage un patient génétiquement à risque déjà traité par la phénytoïne.

Si des signes ou des symptômes évoquent la présence d’une réaction cutanée sévère, comme un syndrome de Stevens-Johnson ou une épidermolyse nécrosante suraiguë, il faut interrompre immédiatement le traitement par la phénytoïne.

Fonction hépatique/biliaire/pancréatique

Des cas d’hépatotoxicité aiguë, y compris quelques rares cas d’insuffisance hépatique aiguë, ont été signalés par suite de l’emploi de la phénytoïne. Ces incidents ont été associés à un syndrome 'hypersensibilité caractérisé par de la fièvre, des éruptions cutanées et une adénopathie; ils surviennent habituellement au cours des deux premiers mois de traitement. Parmi les autres manifestations courantes, soulignons l’arthralgie, les éruptions cutanées, l’ictère, l’hépatomégalie, une élévation des taux plasmatiques de transaminases, une leucocytose et une éosinophilie. L’évolution clinique de l’hépatotoxicité aiguë causée par la phénytoïne varie du prompt rétablissement à la mort. Advenant une hépatotoxicité aiguë, on doit cesser immédiatement et définitivement l’administration de phénytoïne.

La biotransformation de la phénytoïne se fait principalement dans le foie. Les sujets souffrant d’insuffisance hépatique, ainsi que les personnes âgées ou gravement malades peuvent rapidement présenter des signes d'intoxication (voir SURDOSAGE).

Une hépatite toxique, des lésions hépatiques et un syndrome d'hypersensibilité ont été signalés; ces réactions peuvent être fatales dans de rares cas (voir EFFETS INDÉSIRABLES).

Système immunitaire

Réactions d’hypersensibilité

La phénytoïne est contre-indiquée chez les patients qui ont déjà eu des réactions d’hypersensibilité à ce médicament, et il en va de même pour les autres hydantoïnes (voir CONTRE-INDICATIONS). Par ailleurs, il faut envisager un autre traitement en cas d’antécédents personnels ou familiaux (famille proche) de réactions d’hypersensibilité à des médicaments ayant une structure semblable à celle de la phénytoïne, comme les carboxamides (carbamazépine), les barbituriques, les succinimides et les oxazolidine-diones (triméthadione).

Appareil cardiovasculaire

Effets cardiaques

On a signalé des effets indésirables cardiaques liés à des doses thérapeutiques et suprathérapeutiques de phénytoïne chez des patients qui présentaient ou non des antécédents de cardiopathies ou de maladies concomitantes, avec ou sans prise concomitante d’autres médicaments. Ces réactions, qui sont survenues dans tous les groupes d’âge, comprenaient les suivantes : bradycardie, tachycardie ventriculaire, arrêt cardiaque et mort. Dans plusieurs cas, les patients se sont rétablis après une diminution de la dose de phénytoïne ou l’arrêt du traitement. L’état des patients atteints d’une affection cardiaque sous-jacente doit être évalué individuellement, et il faut soupeser soigneusement les risques et les bienfaits possibles du traitement par la phénytoïne (voir CONTRE-INDICATIONS et SURDOSAGE).

Hématologie

Système hématopoïétique

Des complications hématopoïétiques, dont quelques-unes fatales, ont parfois été signalées en relation avec l’administration de phénytoïne : thrombopénie, leucopénie, granulopénie, agranulocytose et pancytopénie, avec ou sans aplasie médullaire.

Un certain nombre de rapports établissent un lien entre le traitement par la phénytoïne et l’apparition d’une adénopathie (locale ou généralisée), y compris une hyperplasie bénigne des ganglions lymphatiques, un pseudolymphome, un lymphome et la maladie de Hodgkin. Même si une relation de cause à effet n’a pu être établie, l’apparition d’une adénopathie impose un diagnostic différentiel. Une atteinte lymphatique peut exister avec ou sans symptômes évoquant une toxidermie avec éosinophilie et symptômes généraux (voir MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Peau). Tous les patients atteints d’une adénopathie doivent faire l’objet d’une surveillance particulière pendant une longue période. On doit, par ailleurs, s’efforcer de maîtriser les crises à l’aide d’autres anticonvulsivants.

On a également rapporté des cas de macrocytose et d’anémie mégaloblastique, mais ces affections répondent habituellement bien au traitement par l’acide folique. L’adjonction d’acide folique au traitement par la phénytoïne peut cependant gêner la stabilisation de l’état épileptique.

Carcinogenèse et mutagenèse

(Voir MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Système hématopoïétique et MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Populations particulières – Femmes enceintes.)

Système endocrinien/métabolisme

Porphyrie

La phénytoïne ayant été associée, dans des cas isolés, à une exacerbation de la porphyrie, la prudence s'impose lors de son administration à des personnes souffrant de cette maladie.

Hyperglycémie

On a signalé des cas d'hyperglycémie, que l'on explique par l'effet inhibiteur de la phénytoïne sur la libération d'insuline. La phénytoïne peut aussi augmenter la glycémie des personnes diabétiques.

Appareil locomoteur

Des fractures et une diminution de la densité minérale osseuse (ostéopénie, ostéoporose, ostéomalacie) ont été associées à la prise prolongée de phénytoïne chez des patients épileptiques (voir EFFETS INDÉSIRABLES, Effets indésirables signalés après la commercialisation).

On croit que la phénytoïne et les autres anticonvulsivants qui entraînent une induction des enzymes du cytochrome P450 ont des effets indirects sur le processus de minéralisation osseuse en stimulant le métabolisme de la vitamine D3. Il peut en résulter une carence en vitamine D et un risque accru d'ostéomalacie, de fractures osseuses, d'ostéoporose, d'hypocalcémie et d'hypophosphatémie chez les patients épileptiques qui suivent un traitement anticonvulsivant de longue durée. Il faut envisager de surveiller la santé osseuse de ces patients en leur faisant passer des examens radiologiques et des épreuves de laboratoire et d’entreprendre un traitement s’il y a lieu.

Système nerveux

Système nerveux central

Des concentrations plasmatiques de phénytoïne soutenues, au-dessus de la concentration thérapeutique maximale peuvent causer divers états confusionnels – qualifiés de delirium, de psychose ou d'encéphalopathie – ou, plus rarement, un syndrome cérébelleux irréversible et/ou une atrophie cérébelleuse. On recommande, en conséquence, de mesurer la concentration plasmatique dès les premiers signes d'intoxication aiguë. Il faut réduire la dose de phénytoïne si les concentrations plasmatiques sont excessives et en interrompre l'administration si les symptômes persistent (voir MODE D’ACTION ET PHARMACOLOGIE CLINIQUE, Pharmacocinétique – Absorption et MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Généralités).

Effets sur la capacité de conduire une automobile et d'utiliser des machines

Il faut recommander aux patients de s'abstenir de conduire un véhicule, de faire fonctionner une machine complexe ou d'entreprendre toute autre activité pouvant comporter des risques jusqu'à ce qu'ils aient acquis suffisamment d'expérience avec la prise de la phénytoïne pour être en mesure de déterminer si elle altère ou non leurs facultés mentales et motrices.

Troubles psychiatriques

Idées et comportements suicidaires

Des idées et des comportements suicidaires ont déjà été signalés chez des patients traités par des anticonvulsivants pour diverses indications. Une méta-analyse de la FDA regroupant un certain nombre d’essais comparatifs avec placebo menés avec répartition aléatoire où des anticonvulsivants étaient utilisés pour diverses indications, a montré une légère augmentation du risque d’idées et de comportements suicidaires chez les patients traités par ces médicaments. On n'en connaît pas la raison.

Il importe de surveiller tous les patients qui prennent des anticonvulsivants, pour quelque raison que ce soit, afin de déceler tout signe d'idées ou de comportements suicidaires et d'entreprendre un traitement approprié s'il y a lieu. Il faut avertir les patients (et leurs aidants) de consulter un médecin s'ils commencent à avoir des idées ou des comportements suicidaires.

Au total, 43 892 patients ont participé aux études comparatives avec placebo incluses dans cette méta-analyse. Environ 75 % des patients ont reçu des anticonvulsivants pour d'autres indications que l'épilepsie et dans la majorité de ces cas, le médicament était administré (anticonvulsivant ou placebo) en monothérapie. Les patients traités pour l'épilepsie, soit les 25 % restants environ, ont reçu l'anticonvulsivant ou un placebo avec d'autres médicaments contre l'épilepsie (les patients des deux groupes de traitement ont donc reçu un ou plusieurs anticonvulsivants). Par conséquent, la faible augmentation du risque d'idées et de comportements suicidaires signalée dans cette méta-analyse (0,43 % chez les patients recevant des anticonvulsivants contre 0,24 % chez les patients sous placebo) se rapporte en grande partie à des patients qui ont reçu le traitement en monothérapie (anticonvulsivant ou placebo) pour d'autres indications que l'épilepsie. Le protocole de cette méta-analyse ne permet pas d'évaluer le risque d'idées et de comportements suicidaires chez les patients épileptiques qui prenaient des anticonvulsivants, car cette population ne représentait qu'une minorité des patients inclus dans l'étude et que la prise d'autres anticonvulsivants par les patients des deux groupes est un facteur confusionnel qui complique la comparaison avec le placebo.

Populations particulières

Femmes en âge de procréer

On ne doit pas interrompre la médication antiépileptique chez les patientes dont le traitement vise à prévenir les crises majeures, sous peine de précipiter l’apparition de l’état de mal et d’une hypoxie pouvant mettre en danger le pronostic vital. Dans certains cas, lorsque la gravité et la fréquence des crises sont telles qu’un arrêt de la médication ne constitue pas un réel danger pour la patiente, il est possible d’envisager une telle interruption avant ou pendant la grossesse. On ne peut toutefois affirmer avec certitude que les crises, aussi minimes soient-elles, ne représentent pas un certain danger pour le développement de l’embryon ou du fœtus. Le médecin aura à évaluer tous ces aspects au moment de traiter ou de conseiller des femmes épileptiques en âge de procréer.

Femmes enceintes

Risque pour la mère : Chez une forte proportion des patientes, on constate une augmentation de la fréquence des crises pendant la grossesse à cause d'une modification du taux d'absorption de la phénytoïne ou de sa biotransformation. Le dosage périodique de la concentration plasmatique de phénytoïne chez la femme épileptique enceinte est particulièrement utile à l'établissement d'une posologie appropriée (voir MODE D’ACTION ET PHARMACOLOGIE CLINIQUE, Pharmacocinétique – Absorption). Il est probable toutefois qu'il faille revenir à la posologie initiale après l'accouchement.

Risque pour le fœtus : La phénytoïne traverse la barrière placentaire et peut avoir des effets néfastes sur le fœtus lorsqu’elle est administrée à une femme enceinte. L’exposition prénatale à la phénytoïne peut augmenter les risques de malformations congénitales et d’autres effets néfastes sur le développement.

Des malformations majeures (comme les fentes orofaciales et les malformations cardiaques) et des anomalies caractéristiques du syndrome d’intoxication fœtale par les dérivés de l’hydantoïne, notamment la dysmorphie du crâne et des traits du visage, l’hypoplasie des ongles et des doigts, les anomalies de croissance (dont la microcéphalie), et des déficits cognitifs, ont été rapportés plus fréquemment chez les enfants nés de femmes souffrant d’épilepsie ayant pris de la phénytoïne seule ou en association avec d’autres antiépileptiques durant la grossesse.

Risque pour le nouveau-né : Un trouble de la coagulation pouvant s’avérer mortel et lié à des niveaux réduits des facteurs de coagulation dépendant de la vitamine K peut se produire chez les nouveau-nés exposés à la phénytoïne in utero. Ce trouble d’origine médicamenteuse peut être prévenu par l’administration de vitamine K à la mère avant l’accouchement et au nouveau-né après la naissance.

Plusieurs cas de tumeurs malignes, dont des neuroblastomes, ont été signalés chez des enfants dont la mère avait reçu de la phénytoïne durant la grossesse.

C’est pourquoi DILANTIN ne doit être utilisé durant la grossesse que si les bienfaits escomptés l’emportent sur les risques. Les patientes qui utilisent ce médicament pendant la grossesse, ou qui deviennent enceintes durant le traitement, doivent être informées des risques auxquels leur fœtus pourrait être exposé.

Il faut conseiller d’autres options thérapeutiques aux femmes enceintes et aux femmes en âge de procréer.

Il faut avertir les femmes en âge de procréer qui n’ont pas de projets de grossesse d’utiliser une méthode de contraception efficace pendant le traitement. La phénytoïne peut entraîner l’échec de l’effet thérapeutique des contraceptifs hormonaux (voir INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES, Tableau 4).

Femmes qui allaitent

On recommande aux mères prenant de la phénytoïne de ne pas allaiter leur nourrisson. La phénytoïne est sécrétée dans le lait maternel. Des observations limitées chez des patientes ont permis d'évaluer que la concentration de phénytoïne dans le lait maternel correspond environ au tiers de la concentration plasmatique du médicament chez la mère.

Personnes âgées (> 65 ans) : La clairance de la phénytoïne ralentit légèrement chez les personnes âgées (voir POSOLOGIE ET MODE D’ADMINISTRATION, Personnes âgées).

Lactose : Les capsules DILANTIN contiennent du lactose; par conséquent, elles ne doivent pas être prescrites aux patients présentant les problèmes héréditaires rares que sont l’intolérance au galactose ou la malabsorption du glucose-galactose.

Surveillance et épreuves de laboratoire

Il peut être nécessaire de mesurer la concentration plasmatique de la phénytoïne pour établir la posologie optimale.

Information destinée aux patients et aux aidants

Il faut recommander aux patients qui prennent DILANTIN et à leurs aidants de lire le feuillet de renseignements pour le consommateur fourni avec ce médicament avant de l’utiliser. Leur médecin et leur pharmacien doivent également leur donner les consignes suivantes :

  1. Il faut souligner aux patients traités par la phénytoïne l'importance de suivre à la lettre la posologie prescrite par le médecin, ainsi que la nécessité d'aviser ce dernier de toute circonstance qui les empêche de prendre leur médicament par la voie orale tel qu'il leur a été prescrit (p. ex., dans les cas de chirurgie).

  2. Il faut par ailleurs les informer des premiers signes/symptômes des réactions hématologiques, cutanées, hépatiques ou ’hypersensibilité possibles (notamment fièvre, maux de gorge, éruption cutanée, ulcère buccal, ecchymose au moindre traumatisme, adénopathie et purpura se traduisant par des pétéchies ou des lésions hémorragiques, et pour ce qui est des réactions hépatiques, anorexie, nausées/vomissements ou ictère). Il faut leur expliquer qu’ils doivent signaler immédiatement l’apparition de tels signes/symptômes à un médecin, puisque ceux-ci peuvent dénoter une réaction grave. On doit aussi mentionner la nécessité de respecter cette consigne même si les signes/symptômes en question sont légers ou s’ils apparaissent après un usage prolongé de DILANTIN. En outre, on doit avertir les patients que s’ils ont des antécédents de réactions d’hypersensibilité à d’autres anticonvulsivants, ils risquent d’avoir une réaction à la phénytoïne (voir MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Hématologie;Système immunitaire; Peau et Fonction hépatique/biliaire/pancréatique).

  3. Il faut les aviser de ne pas prendre d'autres médicaments ni d'alcool sans consulter au préalable leur médecin (voir INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES).

  4. Il faut leur dire de signaler à leur médecin toute éruption cutanée.

  5. Il faut souligner l'importance d'une bonne hygiène dentaire afin de réduire autant que possible le risque d'apparition d'une hyperplasie gingivale et de ses complications.

  6. Il faut dire aux patients, à leurs aidants et à leur famille que les anticonvulsivants, y compris DILANTIN, peuvent accroître le risque de pensées ou de comportements suicidaires et les informer de la nécessité de rechercher l’apparition de symptômes de dépression ou l’aggravation de tels symptômes, tout changement d’humeur ou de comportement inhabituel, ou encore l’apparition de pensées ou de comportements suicidaires ou d’idées autodestructrices. Tout comportement inquiétant doit être signalé immédiatement à un professionnel de la santé (voir MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Troubles psychiatriques).

  7. Il faut informer les femmes en âge de procréer qu’elles doivent consulter leur médecin au sujet de l’interruption du traitement si elles sont enceintes ou ont l’intention de concevoir un enfant, en raison du risque que présente le médicament pour elles-mêmes ou pour le fœtus (voir MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Populations particulières – Femmes en âge de procréer, Femmes enceintes et Femmes qui allaitent).

  8. Il faut encourager les patientes qui deviennent enceintes à s'inscrire au North American Antiepileptic Drug (NAAED) Pregnancy Registry. Ce registre de grossesses collecte des renseignements sur l'innocuité des antiépileptiques pendant la grossesse. Pour s'y inscrire, les patientes doivent composer le numéro de téléphone sans frais 1-888-233-2334. Elles peuvent également trouver des renseignements sur ce registre sur le site Web suivant : http://www.massgeneral.org/aed/ (voir MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS, Populations particulières – Femmes enceintes).

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