ALDACTONE (comprimés de spironolactone, USP) Mises En Garde Et Précautions

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Évitez les suppléments de potassium, les substituts de sel et les aliments riches en potassium (comme les bananes, les pruneaux, les raisins secs et le jus d’orange).

Suivez bien les directives de votre médecin en ce qui concerne l’adoption d’une alimentation hyposodée (à faible teneur en sel) et d’un programme d’exercices quotidiens.

Généralités

N'utiliser le médicament que pour les indications précisées ci‑dessus : ALDACTONE (spironolactone) ne doit être utilisé que pour traiter les affections énumérées dans la rubrique INDICATIONS.

Suppléments de potassium (K+) : Le patient traité par ALDACTONE doit restreindre sa consommation d’aliments riches en potassium et éviter de prendre des suppléments de potassium ou d’autres diurétiques d’épargne potassique, étant donné le risque d’hyperkaliémie.

Somnolence et étourdissements : On a signalé des cas de somnolence et d’étourdissements. Le patient doit user de prudence lors de la conduite d’un véhicule et de l’utilisation de machines, surtout en début de traitement, jusqu’à ce que sa réponse au traitement initial ait été établie.

Carcinogenèse et mutagenèse

Potentiel tumorigène : Les études de toxicité chronique ont montré que la spironolactone est tumorigène chez les rats. Des cas de cancer du sein et d’autres types de tumeur (intestinale, pancréatique, etc.) ont été signalés dans le cadre du programme de pharmacovigilance.

Système endocrinien/métabolisme

Gynécomastie : Les médecins doivent être mis au courant de la possibilité de gynécomastie comme effet indésirable de l'emploi d’ALDACTONE. Son apparition semble être liée à la posologie adoptée et à la durée du traitement; elle est normalement réversible à l'arrêt du traitement. En cas de gynécomastie, on cessera l'administration de l'agent. Dans de rares cas, une certaine hypertrophie mammaire peut persister.

Acidose métabolique hyperchlorémique : Des cas d’acidose métabolique hyperchlorémique réversible, généralement accompagnée d’hyperkaliémie, ont été signalés chez certains patients atteints de cirrhose hépatique décompensée, même en présence d’une fonction rénale normale. On doit faire preuve de prudence lorsqu’on traite des patients souffrant d’insuffisance hépatique aiguë ou grave, un traitement diurétique énergique risquant de précipiter la survenue d’une encéphalopathie hépatique.

Acidose et fonction rénale : De rares cas d'acidose ont été signalés lors du traitement par ALDACTONE.

Appareil circulatoire

Équilibre électrolytique : En raison de l'effet diurétique d’ALDACTONE, on doit évaluer avec soin l'équilibre hydroélectrolytique chez les patients qui reçoivent ce médicament, étant donné le risque d’hyperkaliémie, d’alcalose hypochlorémique, d’hyponatrémie et d’élévation du taux sanguin d’azote uréique, particulièrement chez les personnes âgées et/ou les patients présentant une insuffisance rénale ou hépatique.

  1. Hyperkaliémie

    L'hyperkaliémie peut se développer chez les patients traités par ALDACTONE si l'apport potassique est excessif. Cette hyperkaliémie peut entraîner des irrégularités cardiaques pouvant provoquer la mort. L'hyperkaliémie peut également survenir en l'absence de suppléments potassiques, particulièrement chez les patients atteints d’un dysfonctionnement rénal, les personnes âgées et les diabétiques. Normalement, on ne doit donc pas administrer de suppléments potassiques de façon concomitante avec ALDACTONE. ALDACTONE ne doit pas être administré en même temps que d’autres diurétiques d’épargne potassique. ALDACTONE a été associé à une hyperkaliémie grave lorsqu’il a été administré avec un inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA), un anti-inflammatoire non stéroïdien, un antagoniste de l’angiotensine II ou d’autres inhibiteurs de l’aldostérone, même en présence d’un diurétique (voir la section INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES). L’emploi de spironolactone avec de l’héparine, de l’héparine de bas poids moléculaire ou d’autres médicaments connus pour entraîner une hyperkaliémie ou en présence de maladies ayant un tel effet peut donner lieu à une hyperkaliémie grave (voir les sections CONTRE‑INDICATIONS et INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES).

    Hyperkaliémie chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque modérée ou grave
    L’hyperkaliémie étant une complication potentiellement mortelle, il est essentiel de surveiller la kaliémie des patients atteints d’insuffisance cardiaque qui prennent ALDACTONE, et de prendre les mesures qui s’imposent. On doit éviter l’utilisation d’autres diurétiques d’épargne potassique. Il faut s’abstenir d’administrer des suppléments potassiques par voie orale chez les patients dont la kaliémie est > 3,5 mEq/L. On ne dispose d’aucune information relative aux patients dont la créatininémie est > 2,5 mg/dL ou chez qui l’on a observé une hausse récente de la créatininémie > 25 %. La surveillance des taux de potassium et de créatinine devrait se faire une semaine après le début du traitement par ALDACTONE ou après toute augmentation de la dose, tous les mois pendant les trois premiers mois, tous les trois mois pendant un an, puis tous les six mois. Il faut arrêter ou suspendre le traitement si la kaliémie est > 5 mEq/L ou si la créatininémie est > 4 mg/dL.

    Hyperkaliémie chez les patients diabétiques

    Il faut également surveiller de près les patients diabétiques qui sont traités par ALDACTONE, car ils courent un risque accru d’hyperkaliémie. Ainsi, il faut vérifier la fonction rénale et la kaliémie du patient avant d’amorcer le traitement ainsi que dans les jours qui suivent et quelques semaines par la suite, surtout chez les personnes âgées. Il faut vérifier les taux de potassium et de créatinine une semaine après le début du traitement par la spironolactone ou après toute augmentation de la dose, puis tous les mois pendant les trois premiers mois, ensuite, tous les trois mois pendant un an, et enfin tous les six mois.

    On peut traiter promptement l'hyperkaliémie en administrant rapidement une perfusion intraveineuse de glucose (20 à 50 %) et d'insuline ordinaire, à raison de 0,25 à 0,5 unité d'insuline par gramme de glucose. Il s'agit là d'une mesure temporaire qui sera répétée si besoin est. On doit cesser l’administration d’ALDACTONE et limiter l'apport de potassium (y compris de potassium alimentaire).

  2. Hyponatrémie

    Pendant l'administration d’ALDACTONE, les patients présentant une déplétion sodée doivent être surveillés attentivement, et tout signe de déséquilibre électrolytique devra être soigneusement vérifié.

    ALDACTONE, administré de façon concomitante avec d'autres diurétiques, peut entraîner ou aggraver une hyponatrémie, qui se manifestera par la sécheresse de la bouche, la soif, la léthargie et la somnolence.

Fonction hépatique/biliaire/pancréatique

Atteinte hépatique : ALDACTONE doit être utilisé avec prudence en présence d’une atteinte hépatique, car la moindre variation de l’équilibre hydroélectrolytique peut précipiter un coma hépatique.

Maîtrise de la cirrhose : Bien que des doses élevées d’ALDACTONE soient requises pour traiter l'œdème et l'ascite chez les patients atteints de cirrhose, on peut réduire la posologie avant la diurèse complète pour éviter la possibilité de déshydratation.

Système nerveux : De façon générale, le lithium ne doit pas être administré en concomitance avec un diurétique (voir la section INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES).

Fonction sexuelle/reproduction

Dans le cadre d’une étude sur la reproduction, où des rates ont reçu des doses de 15 et de 50 mg/kg/j de spironolactone dans leur nourriture, aucun effet sur l’accouplement ou la fertilité n’a été observé, malgré une légère augmentation du nombre de ratons morts-nés à la dose la plus forte. L’injection de spironolactone (100 mg/kg/j par voie intrapéritonéale pendant 7 jours) à des rates a donné lieu à un cycle estral plus long, le traitement ayant prolongé la période de diestrus et provoqué un diestrus constant au cours d’une période d’observation post-thérapeutique de 2 semaines. Ces effets ont été associés à un retard de la maturation des follicules ovariens et à une baisse du taux d’estrogènes circulants, phénomènes pouvant nuire à l’accouplement, à la fertilité et à la fécondité. Par suite de l’administration de spironolactone (100 mg/kg/j par voie intrapéritonéale) à des souris femelles, on a observé une réduction du taux de conception chez les souris accouplées, ainsi qu’une réduction du nombre d’embryons implantés chez les souris fécondées. À la dose de 200 mg/kg/j, on a en outre observé un prolongement de la période de latence précédant l’accouplement.

Populations particulières

Femmes enceintes : La spironolactone et ses métabolites traversent la barrière placentaire. Aucune étude n’a été réalisée auprès de femmes enceintes. On évaluera donc les bienfaits escomptés et les risques pour la mère et le fœtus avant de prescrire ALDACTONE.

La spironolactone n’a eu aucun effet tératogène chez la souris. Une réduction du taux de conception, une augmentation du taux de résorption et un moins grand nombre de naissances vivantes ont été observés chez des lapines recevant de la spironolactone. Aucun effet embryotoxique n’a été noté chez les rats recevant de fortes doses de ce produit, mais on a constaté l’apparition de quelques effets tératogènes liés à la dose (hypoprolactinémie et diminution du poids de la prostate ventrale et des vésicules séminales chez les mâles; augmentation de la sécrétion de l’hormone lutéinisante ainsi que du poids des ovaires et de l’utérus chez les femelles). Une autre étude menée sur des rats a fait état d’une féminisation des organes génitaux externes de fœtus mâles.

Femmes qui allaitent : voir CONTRE-INDICATIONS

On retrouve la canrénone, un métabolite important (et actif) de la spironolactone, dans le lait maternel. Comme on ne peut écarter le risque d’effets indésirables pour le nourrisson, il convient d’interrompre soit l’allaitement, soit le traitement, en tenant compte de l’importance du médicament pour la mère.

Surveillance et épreuves de laboratoire

Généralités : Le traitement par ALDACTONE peut entraîner une augmentation passagère de l'azote uréique du sang, particulièrement chez les patients présentant une insuffisance rénale préexistante.

La littérature médicale mentionne plusieurs cas d'interférence possible de la spironolactone ou de ses métabolites avec les dosages radio‑immunologiques de la digoxine. On n'a pas encore établi l'importance ni la signification clinique possible de ce phénomène (qui peut être spécifique du dosage).

On arrêtera d'administrer la spironolactone pendant au moins 4 jours, et de préférence 7 jours, avant le dosage du cortisol plasmatique par la méthode de Mattingly, c'est‑à‑dire par épreuve fluorométrique. Aucune interférence n'a été observée quand ce dosage est réalisé par la technique de liaisons aux protéines ou par dosage radio‑immunologique.

Cathétérisme de la veine surrénale et activité rénine plasmatique : On arrêtera le traitement par la spironolactone plusieurs jours avant de réaliser le cathétérisme de la veine surrénale pour doser l'aldostérone et l'activité rénine plasmatique.